Hiromi

Mercredi 13 novembre 2019 à 20h • Auditorium de l’Opéra

Tarif: de 25€ à 50€

Comment réserver?

« Je ne veux pas mettre de qualification sur ma musique. D’autres personnes peuvent donner un nom à ce que je fais. Il s’agit de l’union entre ce que j’ai écouté et ce que j’ai appris. Il y a des éléments de musique classique, il y a un peu de rock, un peu de jazz mais je ne veux pas lui attribuer de nom. » Hiromi

Le Japon a vu naître un certain nombre de pianistes de jazz ; de Toshiko Akiyoshi et Makoto Ozone à Junko Onishi. Et maintenant, la pianiste / compositrice Hiromi est la dernière de cette lignée de musiciens étonnants.

Depuis la sortie, en 2003, de son premier album Another Mind  chez Télarc, Hiromi a électrisé le public et la critique des deux hémisphères grâce à son énergie créatrice, bravant les paramètres conventionnels du jazz et poussant la musicalité et la composition à un niveau de complexité et de sophistication sans précédent.

Pour son dernier disque, Spark , dixième CD en tant que leader et salué par la critique, elle est accompagnée de son Trio Project , avec le guitariste contrebassiste Anthony Jackson (Steely Dan, Paulin Simon Chick Corea…) et le batteur Simon Phillips (Toto, The Who, Jack Bruce..)

Née au Japon en 1979 à Hamamatsu, dans la préfecture de Shizuoka, Hiromi débute le piano à l’âge de 6 ans et donne son premier récital à ce même âge. Son premier professeur Noriko Hikida, l’a encouragé à développer l’aspect intuitifs et techniques de la musique. « Son énergie a toujours été si forte et elle était tellement émotive. Quand elle souhaitait que je joue avec un certain type de dynamique, elle ne le disait pas en termes techniques. Si la pièce était passionnée, elle disait juste : Joue Rouge. Ou si c’était quelque chose de plus moelleux, elle disait : Joue Bleu. Je pourrais vraiment jouer avec mon cœur de cette façon et pas seulement avec mes oreilles. »Hikida a également initié Hiromi au jazz en lui faisant découvrir de grands pianistes comme Erroll Garner et Oscar Peterson. Elle intègre la Yamaha School of Music à l’âge de 6 ans et commence la composition à cet âge. Hiromi déménage aux États-Unis en 1999 et elle est acceptée au Berklee College of Music à Boston. « Cela a tellement élargi ma façon de voir la musique. Certaines personnes approfondissent le jazz, d’autres la musique classique, et d’autres encore le rock. Tout le monde se préoccupe tellement de ce qu’ils aiment. Certains disent : ‘Celui-là est le meilleur.’ ‘Non c’est ce gars le meilleur.’ Mais je pense que tout le monde est génial. Je n’ai vraiment pas de barrière entre les styles de musique. Je peux aussi bien écouter du métal que de la musique classique ou autre. »

Parmi ses mentors à Berklee, il y avait le bassiste / arrangeur Richard Evans, qui enseigne l’arrangement et l’orchestration. Ce fut lui qui donna la cassette de démo d’Hiromi à son ami et collaborateur : le légendaire Ahmad Jamal ! « (Professeur Evans) aimait vraiment la façon dont je jouais » se rappelle Hiromi. « Et Ahmad a adoré la démo – je n’en revenais pas ! Il a été très encourageant et m’a beaucoup soutenu. C’est une personne extraordinaire. ». Evan co-produit son premier Cd Another Mind avec Jamal qui participe personnellement à son développement musical. « Elle n’est rien de moins qu’étonnante, dit Jamal. Sa musique, conjuguée à son charme et à son esprit, lui permettent d’atteindre des sommets musicaux inimaginables. » Another Mind a fait le buzz en Amérique du Nord et dans son Japon natal où l’album a été Disque d’or (100 000 albums vendus) et a été récompensé par le Recording Industry Association of Japan’s (RIAJ) Jazz Album of the Year. Pourtant, nonobstant ses débuts fulgurants, il ne s’agit là que des prémisses d’une carrière musicale fascinante qui n’a cessé de prendre de l’importance au fil des années.

Son deuxième enregistrement, Brain remporte le Prix Horizon aux Surround Music Awards en 2004, le New Star Award du journal Swing, disque d’or de Jazz Life, meilleur album de jazz japonais de HMV Japan et artiste japonais de l’année par le Japan Music Pen Club (le JMPC est un club de journalistes classique et jazz). Brain est consacré Album of the Year 2005 par le vote des lecteurs de Swing journal. En 2006, Hiromi remporte le Best Jazz Act aux Boston Music Awards et le Rising Star Award du Guiness Jazz festival. Elle a également remporté le prix de Jazzman, pianiste et album de l’année par le journal Swing en 2006 pour la sortie de Spiral.

Elle continue sur sa lancée avec Time Control en 2007 et Beyond Standard en 2008. Ces deux enregistrements ont mis en avant Sonicbloom, son groupe composé du guitariste Dave « Fuze » Fiuczynski, le bassiste Tony Grey et le batteur Martin Valihora.

Au cours de l’année 2009, sa production est considérable. Avec Chick Corea – qu’elle a rencontré au Japon quand elle avait 17 ans, Duet, un double-album enregistré lors d’un concert à Tokyo par ce duo d’artistes, provenant de générations et cultures différentes. Hiromi apparaît aussi sur le disque Jazz in the Garden du bassiste Stanley Clarke.
En juin de cette même année, Hiromi enregistre simultanément deux concerts sur Dvd, tous deux captés à Tokyo : Hiromi Live in Concert (décembre 2005) et Hiromi’s Sonicbloom Live in Concert (décembre 2007). Sur le premier figure à la section rythmique Tony Grey et Marin Valihora et sur le second David Fiuczenski.

En 2010, Hiromi sort Place to Be en piano solo : journal de bord musical passant en revue les lieux et endroits qu’elle a déjà visités. « Je voulais enregistrer la musique de mes vingt ans pour des raison d’archivage, déclare-t-elle. C’est comme si les personnes que j’ai rencontrées sur ma route lorsque j’avais vingt ans m’avaient aidée à me développer, à devenir mûre en tant que musicienne et en tant que personne. Le disque, en plus de représenter tous les endroits qui ont inspiré ma musique, est aussi un remerciement à toutes ces personnes. »

A suivi un DVD Hiromi solo Live at Blue Note New York, enregistré en août 2010. La vidéo inclut 11 titres originaux et un bonus spécial avec des interviews et des séquences de concerts filmés dans les villes fétiches d’Hiromi à travers le monde.

Sur son disque Voice édité en 2011, Hiromi a cherché à enregistrer les « voix intérieures » des gens et s’est attelé à créer ce qu’elle appelle un « son tridimensionnel ». Sur cet album, elle réunit un trio composé d’elle-même et de deux musiciens vétérans : le contrebassiste / guitariste Anthony Jackson et le batteur Simon Phillips. Alors qu’Hiromi s’est déjà illustré avec A. Jackson avant l’enregistrement de Voice, elle n’a cependant jamais enregistré en entier avec l’un ou l’autre. Simon Phillips lui a été recommandé par Stanley Clarke, une connaissance mutuelle.

C’est durant une tournée, qu’Hiromi a commencé à écrire son disque Move sortie en Europe en 2012 et aux États-Unis en 2013. « Je jouais déjà depuis un petit moment avec Anthony et Simon quand j’ai commencé à comprendre leurs personnalités et j’ai pu découvrir un petit bijou dans leur jeu. Il y a aussi tellement plus dans leur jeu. En tant que compositrice, j’ai vraiment voulu écrire des chansons spécialement pour eux et j’ai voulu révéler la beauté si unique de leur jeu ». Move, comme Voice, possède un thème principal décrit par Hiromi comme une « durée dans une journée ». « Tu te réveilles, pars au travail et puis après tu te relaxes dit-elle. L’album est comme la bande son d’une journée. »

La même année, elle est mise en avant par les critiques du magazine Downbeat dans les catégories artistes de jazz et Rising Star piano. En 2013, elle se produit au Newport Jazz Festival ainsi que l’année d’après pour le 60ème anniversaire du Festival. Alive, sorti en 2014, annonce le retour du Trio Project, avec Jackson et Phillips. Le magazine Downbeat a qualifié le trio comme « un des groupes les plus incroyables tout style confondu ». Sur Alive, les puissantes percussions poétiques de Phillips et les lignes de basses profondes et brillantes de Jackson soutiennent magnifiquement les improvisations ingénieuses et passionnées d ‘Hiromi. Spark est le dernier chapitre de la vie musicale en constante évolution d’Hiromi. « J’ai faim d’apprendre, dit-elle au magazine Downbeat, alors je garderai toujours mes grandes oreilles ouvertes, prêtes à apprendre chaque minute que je joue. »

Carte blanche jazz